Violences contre les femmes en Guinée : entre répression judiciaire et sensibilisation
2026-03-15 - 11:55
En Guinée, de nombreuses femmes continuent de subir différentes formes de violences, notamment des violences conjugales, des coups et blessures volontaires, des abandons ou encore des viols. Cette réalité, malheureusement persistante, touche aussi bien les femmes vivant à l’intérieur du pays que celles résidant à Conakry et dans ses environs. À l’occasion du mois de mars, consacré à la promotion des droits des femmes, l’avocate générale près la Cour d’appel de Conakry, Joséphine Loly Tenguiano, a dressé un état des lieux de la situation tout en évoquant les efforts engagés pour lutter contre ce phénomène. C’était à l’occasion d’une rencontre avec une équipe de Guineematin.com pour échanger sur cette problématique qui affecte de nombreuses Guinéennes. Selon Joséphine Loly Tenguiano, malgré l’ampleur du phénomène, des progrès sont aujourd’hui enregistrés dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG). « En tant que parquetière dans l’âme, j’ai été substitut du procureur au tribunal de Mafanco pendant dix ans. J’étais également désignée point focal pour toutes les questions liées aux violences basées sur le genre. Il faut noter que plusieurs stratégies ont été mises en place pour combattre ce fléau, dans le cadre de la politique du gouvernement. En tant que procureur ou avocate générale, nous contribuons à la mise en œuvre de cette politique en tant que représentantes du ministère public », a-t-elle expliqué. Par ailleurs, la magistrate souligne que les VBG font désormais l’objet d’une réponse pénale plus adaptée. « Aujourd’hui, les violences basées sur le genre sont en train d’être combattues grâce à des réponses pénales appropriées. Le Code pénal prévoit les différentes formes de répression liées à ces violences. Lorsqu’on parle de VBG, on fait référence notamment au viol, aux atteintes sexuelles, aux attentats à la pudeur, aux violences conjugales, aux menaces de mort ou encore aux coups et blessures volontaires. L’État, à travers le ministère public que nous représentons, veille à ce que ces actes fassent l’objet d’une réponse rapide et efficace », a-t-elle ajouté. Au-delà de la répression judiciaire, Joséphine Loly Tenguiano insiste également sur l’importance de la sensibilisation pour prévenir ces violences. « Malgré les réponses judiciaires apportées, il reste essentiel de sensibiliser la population sur certains comportements. La sensibilisation permet d’éduquer les citoyens sur des pratiques qui portent atteinte à la dignité des femmes. Aujourd’hui, les femmes font partie des couches vulnérables de la société. Il est donc important de rappeler qu’elles ont des droits, qu’il s’agisse de droits civils ou de droits familiaux, et que leur dignité doit être respectée », a-t-elle souligné. Enfin, l’avocate générale près la Cour d’appel de Conakry a invité les hommes à s’impliquer davantage dans la promotion et la protection des droits des femmes. « Il est important que les hommes accompagnent les femmes dans le processus de promotion de leurs droits », a-t-elle laissé entendre. Yayé Oumou Barry pour Guineematin.com