Voyage avorté pour le Canada : Amadou Kaba risque 5 ans ferme et 50 millions d’amende
2026-02-18 - 08:15
Jugé pour escroquerie portant sur une somme de 29 millions de francs guinéens, Amadou Kaba risque une peine de 5 ans d’emprisonnement et une amende de 50 millions GNF au tribunal de Mafanco. Telle est la peine requise à son encontre à l’audience correctionnelle du lundi, 16 février 2026, par le représentant du ministère public. A la barre, le prévenu a catégoriquement contesté les faits d’escroquerie mis à sa charge, au préjudice de Marie Marguerite et Marc Camara, parties civiles dans cette affaire, a constaté sur place Guineematin.com à travers l’un de ses reporters. À l’origine de cette affaire, un projet d’études au Canada qui n’a finalement pas abouti. Selon les éléments exposés à l’audience, Marie Marguerite et Marc Camara souhaitaient poursuivre leurs études au Canada. Pour les accompagner dans les démarches administratives, ils se sont rapprochés d’une entreprise dénommée « Prestige Canada Express », spécialisée dans l’assistance aux étudiants désireux de voyager à l’étranger. Les parties civiles affirment avoir versé par tranches, la somme totale de 29 millions de francs guinéens à l’entreprise, en échange d’un accompagnement complet dans la procédure. Mais le voyage ne s’étant pas concrétisé, elles ont décidé de porter plainte pour escroquerie. Amadou Kaba, représentant de la société, comparaît librement dans cette procédure. Il rejette toute intention frauduleuse. L’audience a été consacrée aux réquisitions et plaidoiries. Dans ses réquisitions, le ministère public, représenté par le procureur Mamadi Inter Keïta, a estimé que les éléments constitutifs de l’infraction sont réunis. Il a d’abord rappelé que le montant incriminé a bien été perçu par le prévenu. « Un montant de 29 millions a été remis à Amadou Kaba par tranche. Monsieur le président, le prévenu a utilisé des manœuvres frauduleuses pour soutirer cet argent », a déclaré le procureur. Poursuivant son argumentation, le représentant du parquet a affirmé que les faits d’escroquerie sont établis au regard des pièces du dossier et des débats. Pour la répression, il a requis une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme ainsi qu’une amende de 50 millions de francs guinéens. De son côté, la défense a plaidé la relaxe. L’avocat d’Amadou Kaba a tenu à rappeler les faits. « Amadou Kaba a été contacté par le frère de Marguerite Camara. Pourquoi ? Les assister dans leur procédure de voyage pour leurs études au Canada. L’entreprise que représente Amadou Kaba existe bel et bien et est légale : “Prestige Canada Express”. Quand ils ont été mis en contact, l’entreprise leur a expliqué tout ce qu’il y avait à savoir. Dès le départ, il leur a expliqué que l’entreprise ne donnait pas de visa, mais juste une assistance. L’entreprise leur a soumis un contrat qu’ils ont lu et signé en connaissance de cause. Il est aussi écrit que l’obtention du visa ne dépend que de la volonté de l’État canadien et non de l’entreprise, donc tout était clair », a expliqué l’avocat. À l’appui de ses déclarations, l’avocat a brandi des documents attestant, selon lui, du refus des autorités canadiennes d’accorder le visa, en lisant à la barre les motifs mentionnés dans la décision de refus. « Monsieur le président, Amadou Kaba n’a rien fait. Nous demandons à ce qu’il soit renvoyé des fins de la poursuite pour délit non constitué à son égard », a plaidé la défense. Après avoir entendu les réquisitions du parquet et les plaidoiries de la défense, le tribunal, présidé par le juge Mohamed Lamine Cissé, a renvoyé l’affaire au 2 mars 2026 pour le délibéré. Mariama Barry pour Guineematin.com